Les stocks de gaz de l’Europe au plus bas : un hiver incertain

Les stocks de gaz de l’Europe suscitent des inquiétudes pour cet hiver. Après la crise énergétique de 2022, l’approvisionnement européen est de nouveau mis à l’épreuve. Le conflit au Moyen-Orient a perturbé le remplissage des réserves, tombées à un niveau assez bas.

Utilisé pour les besoins industriels, le chauffage et la production d’électricité, le gaz reste une ressource indispensable à l’Europe. L’été constitue généralement une période clé de reconstitution des stocks souterrains, grâce à des prix plus bas qu’en hiver.

Cependant, en ce mois d’août, les stocks de gaz de l’Europe n’atteignent que 57 % contre les 74% habituels. Un niveau aussi bas qu’en 2009. Ces données suscitent l’inquiétude des experts en énergie. Ils jugent la situation trop fragile pour affronter un hiver rigoureux ou de nouvelles coupures.

Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette situation. « L’Union européenne a terminé le dernier hiver avec des stocks souterrains de gaz à seulement 28% », relève Ronald Pinto (Kpler).

De plus, le conflit au Moyen-Orient a fortement affecté les importations européennes de (GNL), surtout depuis la fermeture du détroit d’Ormuz.

Ainsi, les acheteurs européens ont retardé leurs achats, pariant sur une baisse des coûts, selon Kpler. Résultat : les contrats hivernaux sont restés, pendant plusieurs mois, moins chers que ceux d’été, rendant le remplissage estival des stocks moins attractif.

Face à cette situation, «il y aura sans doute une augmentation des prix, surtout si le Qatar et les Émirats arabes unis ont des difficultés à exporter du GNL » par le détroit d’Ormuz, toujours bloqué, souligne Anne-Sophie Corbeau.

D’après Ronald Pinto, le prix repère du gaz « restera élevé pour le reste de l’année », avec des moyennes mensuelles comprises entre 55 et 62 euros le mégawattheure. La hausse des prix est aussi stimulée par l’Asie. Très affectés par la crise du détroit d’Ormuz, elle cherche à sécuriser ses stocks

Par ailleurs, d’autres facteurs, comme la rigueur de l’hiver ou la production éolienne, pourraient peser sur le marché. “Si les stocks de gaz de l’Europe sont moins pleins, que l’hiver est rigoureux et qu’un autre problème survient, il faudra envisager des mesures de sobriété”, prévient l’experte.

Face à ces incertitudes, anticiper les évolutions du marché devient essentiel pour maîtriser ses coûts énergétiques. Chez Utility France, nous accompagnons les professionnels dans leur stratégie d’achat grâce à des offres personnalisées et à un suivi attentif des marchés de l’énergie.

  • Consultez nos actualités pour suivre les dernières évolutions du marché.