Au 1er novembre, le gaz coûtera plus cher à des millions de foyers. Tous ne sont pas concernés : tout dépend de la nature de votre contrat.

Une hausse qui tombe au pire moment

Les températures baissent, le chauffage se rallume, et le prix du gaz repart à la hausse. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) annonce une hausse moyenne de 6,6 % TTC du prix repère de vente de gaz au 1er novembre : il passe de 182,88 à 194,90 € le MWh TTC. C’est la troisième hausse consécutive, après +5,6 % en septembre et +6,3 % en octobre. 

Concrètement, la CRE estime l’impact moyen à 12 € TTC sur la facture de novembre pour les foyers dont le contrat est indexé, soit environ 6 millions de ménages. Sur l’année, la facture 2026 pourrait dépasser celle de 2025 d’environ 11 % (135 € TTC en moyenne) si les marchés restent à peu près stables. Ces chiffres sont des moyennes tous profils confondus : les foyers chauffés au gaz, qui consomment davantage, seront plus touchés. 

Pourquoi les prix montent

Le prix repère suit les marchés de gros du gaz, et ceux-ci sont tendus. Le gaz naturel liquéfié (GNL), acheminé par bateau, représente désormais plus de la moitié des importations françaises de gaz (57 % en 2024). Or le conflit dans le Golfe perturbe fortement les exportations qataries, qui doivent transiter par le détroit d’Ormuz : le transit des méthaniers y aurait chuté d’environ 75 %. Les cours européens s’en ressentent : l’indice de référence néerlandais est passé de 31,47 €/MWh fin février à 82,76 €/MWh pour les contrats de novembre. 

Face à cette situation, le président de la République a annoncé le 21 octobre un accord de livraison de gaz avec le Qatar, présenté comme devant réduire la pression sur les prix à partir de novembre. L’ampleur exacte de cet accord annonce l’équivalent de 2 TWh de GNL par mois pendant l’hiver. À noter : le Qatar ne représentait qu’une petite part des importations françaises en 2024 (5 TWh sur 481 TWh), car l’effet sur les prix passe surtout par le marché mondial du GNL, pas par nos livraisons directes. Surtout, ces annonces concernent l’approvisionnement du pays : elles ne changent rien, à ce stade, à ce que prévoit votre contrat. 

Prix indexé ou prix fixe : la question qui change tout

C’est là que se joue votre facture.

  • Contrat indexé sur le prix repère : votre prix suit chaque mois l’évolution publiée par la CRE. Ces foyers subiront la hausse de novembre.
  • Contrat à prix fixe : le prix du kWh hors taxes pour la durée de l’engagement. Ils représentaient environ 40 % des consommateurs résidentiels de gaz fin 2025 et ne sont pas concernés par la hausse. 

Pour savoir où vous en êtes, relisez vos conditions générales et votre dernière facture : cherchez une mention d’indexation sur le prix repère de vente de gaz.

Si vous envisagez de changer d’offre

Le changement de contrat est gratuit et sans coupure. Avant de signer, comparez bien ce que chaque offre fige réellement : 

  • le prix du kWh, mais aussi l’abonnement et l’acheminement, qui ne sont pas toujours bloqués de la même façon ;
  • les conditions de sortie et de renouvellement.

Pensez aussi à votre mensualisation

Si vous payez par mensualités, la hausse peut creuser l’écart entre vos paiements prévus et votre facture annuelle. La plupart des fournisseurs se sont engagés auprès de la CRE à proposer un échéancier révisé quand cet écart dépasse deux mensualités. Il s’agit d’un engagement volontaire et non d’une obligation légale. Surveillez vos e-mails et votre espace client après le 1er novembre pour éviter une mauvaise surprise lors de la régularisation. 

  1. Ouvrez votre contrat et vérifiez s’il est indexé ou à prix fixe.
  2. Si vous comparez des offres, regardez tout ce qui est figé, pas seulement le kWh.
  3. Vérifiez votre échéancier dans les semaines qui suivent la hausse.

Un doute sur votre contrat ? Mieux vaut le clarifier avant les grands froids.