Après la frappe sur South Pars, le pétrole bondit de +5%. Quels sont les risques pour les prix de l’énergie des entreprise?
Les marchés de l’énergie déjà sous haute tension.
Le 3 mars dernier, nous évoquions la flambée des prix du gaz liée à l’escalade des tensions au Moyen-Orient. Depuis, les marchés de l’énergie restent extrêmement volatils. En effet, les prix du gaz et de l’électricité continuent de réagir fortement aux annonces géopolitiques ainsi qu’aux risques pesant sur l’approvisionnement.
Cette instabilité s’est confirmée jeudi 19 mars : le prix du gaz européen a momentanément grimpé jusque’à +35% après les frappes. Au 23 mars, les prix ont partiellement reflué après ce pic de volatilité, mais restent nettement au-dessus de leurs niveaux d’avant-crise, dans un contexte de forte incertitude. Cela illustre la sensibilité extrême des marchés à ce type d’événements. Pour les entreprises, cela se traduit par un budget énergie difficile à prévoir et des décisions de contractualisation plus complexes.
Une frappe sur le plus grand champ gazier du monde
Mercredi 18 mars, une frappe conjointe d’Israël et des États-Unis a visé des infrastructures énergétiques critiques en Iran. Parmi elles figure le champ gazier de South Pars/ North Dome, considéré comme la plus grande réserve de gaz au monde, que l’Iran partage avec le Qatar. Au-delà de l’événement militaire, c’est le symbole : toucher un hub gazier mondial alimente immédiatement les craintes de perturbations sur les flux de gaz et de GNL, donc sur l’ensemble du marché international.

Le pétrole bondit de plus de 5%
Dans ce contexte, les marchés du pétrole ont réagi immédiatement. En milieu de journée, le baril de Brent, référence internationale, a enregistré une hausse de plus de 5% avant de se stabiliser autour des 110 dollars. Son équivalent américain, le WTI, était également orienté à la hausse.
Même si on parle ici de pétrole brut, cette hausse n’est pas sans conséquence pour les marchés du gaz et de l’électricité en Europe car une partie des contrats de gaz reste indexée sur les prix pétroliers et le gaz joue un rôle central dans la formation des prix de l’électricité.
Du pétrole au gaz, puis à l’électricité: où se joue l’impact pour les entreprises ?
Une partie des contrats de gaz reste indexée sur le pétrole (Brent) : ainsi une hausse du pétrole entraîne donc celle du gaz, répercutée dans les offres aux entreprises. En Europe, le gaz sert aussi de référence pour le prix de l’électricité : lorsqu’il augmente, les prix de gros de l’électricité suivent, ce qui peut alourdir les factures lors du renouvellement des contrats
À court terme, le repère gaz reste stable en avril, mais une hausse est déjà anticipée dès le mois de mai. Dans le contexte actuel, les tensions géopolitiques pourraient non seulement confirmer cette tendance, mais aussi l’accélérer et l’amplifier.
Que peuvent faire les entreprises dans ce contexte ?
Sécuriser leur budget énergie
- Analyser l’exposition actuelle de l’entreprise aux hausses (dates d’échéance, contrats fixes vs indexés…).
- Évaluer l’opportunité de sécuriser tout ou une partie des volumes sur des périodes données.
S’appuyer sur un courtier en énergie
- Surveiller en continu les signaux de marché (gaz, électricité…).
- Un courtier dédié peut comparer les offres des fournisseurs, proposer des stratégies et accompagner la prise de décision.
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