Le marché du pétrole envoie un signal contradictoire. Alors que les exportations pétrolières du Moyen-Orient retrouvent leur niveau d’avant-guerre, le Brent reste au-dessus de 100 dollars. Un paradoxe qui révèle les fragilités du système énergétique actuel.
Retour des exportations pétrolières du Moyen-Orient
Pour la première fois depuis le début de la crise américano-iranienne, les exportations pétrolières du Moyen-Orient ont dépassé leur moyenne d’avant-guerre, soit 18 millions de barils par jour. Les producteurs de pétrole et l’industrie maritime ont trouvé d’autres moyens d’acheminer cet or noir hors de la zone. Parmi les solutions utilisées figurent le transport par pipeline et les transferts de navire à navire. Ces opérations sont réalisées sous la protection de l’armée américaine.
Selon Kpler, environ 40 % du brut de la région est désormais transporté sans franchir le détroit. Avant le conflit, cette proportion n’était que de 17 %. De plus, l’Arabie saoudite a repris les opérations sur son pipeline est-ouest fin septembre. Cette décision a relancé les exportations depuis le port de Yanbu, sur la mer Rouge. Cependant, la reprise des exportations de la région reste déséquilibrée et l’approvisionnement en produits raffinés reste limité.
Le Brent au-dessus de 100 dollars malgré l’intervention du G7
Vendredi 2 octobre, les pays du G7 se sont accordés sur la « libération coordonnée par l’AIE de 100 millions de barils ». Cette décision vise à stabiliser l’approvisionnement énergétique, à protéger les ménages et les entreprises contre les chocs de prix et à renforcer la résilience des systèmes énergétiques mondiaux.
Toutefois, le Brent reste au-dessus de 100 dollars malgré l’intervention du G7. La reprise des exportations pétrolières du Moyen-Orient n’a pas suffi à faire baisser les prix. Le WTI reste également proche de 90 dollars. Cette situation s’explique par d’autres facteurs que les seuls volumes disponibles. Malgré le retour des exportations, plusieurs installations de raffinage restent endommagées en Russie et au Moyen-Orient. L’équilibre du marché reste donc fragile, contribuant au maintien de prix élevés.
Le rétablissement des volumes exportés ne suffit donc pas à normaliser le marché : les contraintes de raffinage et le maintien de prix élevés continuent de peser sur les coûts de l’énergie, du transport et de la production.
Conséquences pour les entreprises
Pour les entreprises, la hausse durable des prix de l’énergie reste une préoccupation majeure, même si les exportations de pétrole repartent à la hausse. Les capacités de raffinage restant insuffisantes, les coûts de production, de transport et de logistique continuent de peser sur l’activité et les marges.
En conséquence, le retour du pétrole brut sur le marché ne se traduit pas forcément par une baisse immédiate de la facture énergétique.
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